Dernière minute

L'écran géant du Stade de France annonce le report du match France - Irlande pour cause de terrain gelé
© AFP - Bertrand Langlois
Publié le 12/02/2012 à 00:35 - De notre envoyé spécial Xavier Richard
Depuis quelques minutes, les spectateurs du Stade de France savaient. La plupart avaient reçu la mauvaise nouvelle sur leur mobile mais ils voulaient encore y croire. Tant qu’il n’y a pas d’annonce officielle, il reste un espoir. L’antenne avait déjà été rendue sur France 2 quand on a daigné informer les 80.000 spectateurs qui avaient bravé le froid, certains par delà les mers. Sifflets pour Christine Connoly, oiseau de mauvais augure. Sifflets pour les deux équipes venues saluer le public. Il n’y a rien de pire qu’une promesse non tenue.
Deux heures plus tôt, l’arbitre anglais Dave Pearson avait inspecté la pelouse fraîchement débâchée. Feu vert pour l’échauffement des deux équipes. L’heure de vérité, celle du terrain arrivait. Sans ses « radiateurs » soufflants, le SDF ne résistait pas longtemps aux températures négatives. Ce durcissement n’échappait pas aux acteurs en plein tentative d’allumage des corps. De ses recherches d’appui, Vincent Clerc se forgeait une conviction : « impraticable ». Lors du match contre l’Italie, les ailes étaient dures. Cette fois, c’était dur partout et par endroit injouable. Pas façon Holiday on Ice comme à St-Etienne samedi dernier mais plutôt comme une chape de béton tout juste sèche.
La sécurité des joueurs pouvant être engagée, l’arbitre décidait de reporter le match après plusieurs discussions avec le staff des deux équipes. « Le terrain s’est dégradé en deux heures et était gelé en plusieurs endroits, a indiqué la porte parole de l’organisation des Six Nations, se référant à Mr Pearson. C’était dangereux et donc injouable. » On n’en saura pas plus car l’arbitre anglais a refusé de s’exprimer sur sa décision. En revanche, le président de la Fédération française Pierre Camou n’avait pas sa langue dans la poche. Et encore, il s’est, retenu. « Je vais essayer d’être calme », a-t-il commencé à dire.
Le point de vue fédéral est très clair. La décision ne leur appartient pas et c’est un regret général pour tous les supporters. « Nous sommes acteurs, en aucun cas décisionnaire, a expliqué le patron de la FFR. Je suis triste pour ne pas dire plus pour tous ceux qui ont fait le déplacement. Le spectacle n’a pas eu lieu et je ne veux pas me laisser aller à des mots qui blesseraient peut-être des institutions que je respecte par ailleurs, qui sont les Six Nations et le corps arbitral. Cette notion de sécurité, la FFR l’a été l’a prouvé dans ses décisions en annulant des matches la semaine dernière. J’ajoute que les – de 20 ans ont joué à Grenoble. Les demoiselles à Pau. Montferrand à Montferrand. L’ensemble des matches de rugby ont eu lieu et j’ai cru voir cet après-midi au stade Olympique à Rome, par plus de 25 degrés certainement, un match de rugby arbitré par un Français. Je n’ai pas à commenter une décision d’arbitre qui ne veut pas s’exprimer. Elle lui appartient. Mais je la regrette profondément. »
Avec une météo prévisible, pourquoi ne pas avoir avancé l’heure du match ? Impossible pour deux raisons. « On m’a parlé de changer d’heure. Ça ne dépend pas de moi, a tout d’abord rétorqué Camou. Et puis je respecte trop les supporters qui arrive de Navarre, du Sud de la France et qui avaient programmé leur voyage à une heure précise pour assister à un match précis. Il n’y a pas qu’en région parisienne qu’il y a des supporters. Je pense aussi à la Province, a-t-il poursuivi. Nous ne sommes jamais rentrés dans ce débat. C’était mon contrat avec eux. » Ce soir, devant des millions de témoins, 80.000 supporters ont vécu une rupture de contrat. Car si le billet est remboursable, le voyage ne le sera pas.
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