Dernière minute

Premier match réussi pour Philippe Saint-André
© AFP - Martin Bureau
Publié le 04/02/2012 à 20:38
L'aventure aurait pu s'arrêter là, sur un petit prince déchu dans un Parc humide et triste de laisser s'envoler ses coqs vers le nouveau poulailler de Saint-Denis. Ailier emblématique du XV de France des années Berbizier et du début de l'ère Skrela, Philippe Saint-André avait décidé de quitter le navire bleu sur une 69e sélection contre les Sprinboks champion du monde. C'était le jour d'une marée verte (10-52), longtemps plus large défaite française de l'histoire. Dans ses pérégrinations anglaises, berjalliennes ou toulonnaises, PSA n'a jamais oublié son XV de cœur. Quatorze ans plus tard, il battait fort dans la carcasse de l'ancien goret. Emotion pendant la Marseillaise et puis vif du sujet pendant quatre-vingt minutes. « On peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide, indiquait PSA après le match. Le positif, c’est qu’on marque quatre essais, défensivement on n’en prend pas. On aurait du être plus performant en conquête. On a manqué d’agressivité, surtout en début de match. "On a fait des choses de qualité mais parfois on les a mal finies. Mais les joueurs ont eu tellement d’information cette semaine. Ce qui est bien, c’est qu’on gagne et qu’on est conscient qu’il y a beaucoup de choses à progresser. Il va falloir mettre un autre niveau la semaine prochaine contre l’Irlande".
Pour son baptême du feu, Saint-André se souviendra de ne pas avoir vu le ballon pendant presque une mi-temps et s’être fait chahuter en conquête. « On peut féliciter les Italiens, explique-t-il en devançant les questions. Ils nous ont privé de ballons avec une belle qualité de nettoyage. » Si PSA regrettait le manque d’agressivité global de ses joueurs, c’est surtout en conquête qu’il y avait des réglages à faire. « La mêlée a été très irrégulière, confirme PSA. Très bonne par moment car elle nous amène l’essai de Malzieu. Très moyenne à d’autres moments. Mais c’est plus notre touche où on a perdu beaucoup de ballons. On a été pris sur des lancements pendant des temps forts. Déjà qu’on n’avait pas beaucoup à bequeter…»
Grâce à deux éclairs, la France mène toutefois 15-6 à la pause. Presque un miracle."Je n’avais pas d’inquiétude à la mi-temps", précise PSA qui a rectifié le tir dans son vestiaire. "On voulait mettre plus de vitesse dans le jeu. Il fallait également être plus patient et ne pas faire des passes trop difficiles. Et puis je savais qu’on avait un banc de qualité". Adepte de la banane sur le terrain et en dehors, Saint-André n’en est pas moins un monstre de rigueur. Il y a des règles de vivre ensemble à respecter sous peine d’amende (100 euros pour les retards, 50 pour les téléphones) et des fondamentaux dans le jeu. Ça n’empêche pas le plaisir, bien au contraire. « Il faut avoir le sourire même si en tant qu’entraîneur on veut toujours la perfection. Sur la dernière action, ils n’ont pas joué alors qu’il y avait une situation à exploiter. Je leur ai dit dans le vestiaire à la fin car il faut se faire plaisir jusqu’à la dernière seconde. En tant qu’ancien ailier, je suis content de voir que deux ailiers ont marqué. Je félicite Vincent Clerc qui vient de me rejoindre comme deuxième meilleur marqueur ex aequo. Désolé pour Serge Blanco mais je vais continuer de le sélectionner. »
Vitrine du rugby français, le XV de France ne peut vivre caché. En bon communiquant, PSA sait qu’il va devoir s’adapter et ne pas fermer le robinet. Dès ce soir, le nouveau sélectionneur passera un autre baptême. Celui des réceptions. "Il va falloir que je remette mon smoking, peste-t-il en rigolant. Je suis de la génération Parc des Princes. Là, tout est multiplié par dix. Laissez- moi savourer avant de penser à l’Irlande, demande Saint-André. On va faire un débriefing avec les joueurs demain et on passera à la suite". La suite, c’est déjà samedi prochain avec un rendez-vous corsé avec l’Irlande. Une semaine pour apprendre, une autre pour comprendre, le temps file bien vite pour les Bleus.
De notre envoyé spécial Xavier Richard
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